Acquisition de la compréhension du hollandais chez des
petits enfants turcs et marocains – interprétation des différences entre les
deux groupes
Jenta J. Sluijmers (jsluijmers@ggd.amsterdam.nl)
Child Care department - speech language therapy
Amsterdam, Netherlands
Academic Medical Centre of
Department of Clinical Epidemiology
and Biostatistics
Amsterdam, Netherlands
Child Care department
Amsterdam, Netherlands
Objectif :
L’objectif de cet essai rétrospectif est d’élucider les éventuelles différences
de développement de la compréhension de la langue hollandaise chez des petits
enfants issus d’un milieu turc (n = 105) ou marocain (n=126), ainsi que
d’identifier les facteurs démographiques, socio-pédagogiques et médicaux
associés aux éventuelles différences observées.
Méthodes :
Les différences absolues dans la compréhension de la langue ont été mesurées
selon la version néerlandaise de l’échelle Reynell Comprehension Language Scales et sont exprimées dans un quotient de compréhension
linguistique (LCQ). Tous les facteurs corrélés au score LCQ ont été étudiés
plus en détails selon la méthode de la régression linéaire multiple.
Résultats :
Les petits enfants d’origine turque (âge moyen : 41,5 mois) ont
présenté un score LCQ significativement plus faible aussi bien à la première
qu’à la deuxième mesure par rapport aux enfants d’origine marocaine (âge
moyen : 41,8 mois) (LCQ de 55 contre 61, LCQ de 61 contre 76, p =
< 0,01). La variabilité du score LCQ lors de la deuxième mesure et les
différences entre le premier et le deuxième test n’ont pas pu être expliqués
par la langue maternelle turque ou marocaine (p = 0,81 et p = 0,51,
respectivement). Néanmoins, la fréquence à laquelle l’enfant est en contact
avec la langue hollandaise par le biais de membres de la famille, d’amis ou de
voisins parlant le hollandais, a pu expliquer une variabilité (r²) de 50 %
dans le score LCQ. Conclusions : Les
petits enfants turcs présentent des capacités de compréhension de la langue
hollandaise plus faibles que les petits enfants marocains. En améliorant les
possibilités de contact avec le hollandais parlé par le biais de membres de la
famille ou de voisins ou en informant les familles sur l’éducation bilingue,
par exemple, il pourrait être possible de diminuer ces différences.